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Joachim Crochemore

Joachim Crochemore est président de l’association Son d’unité, qui fait connaître les cultures et les patrimoines d’autres pays. Il organise des stages de découverte des rythmes afro-cubains destinés à tous les publics. 

 

À quelles valeurs essen­tielles de l’Unesco êtes-vous par­ti­cu­liè­re­ment atta­ché ?

Sans mémoire, pas de futur envi­sa­geable, sans repères, pas de direc­tion com­mune. À l’heure du repli iden­ti­taire et du rejet d’autrui, le tra­vail sur la connais­sance des cultures et des patri­moines est fon­da­men­tal pour une vraie ren­contre entre les peuples. En tant qu’artiste et péda­gogue, il me semble essen­tiel de cher­cher à éveiller la curio­si­té, et de sus­ci­ter l’envie d’en savoir plus sur notre monde et ses richesses. On apprend sou­vent à se connaître soi-même dans le miroir de l’autre.

Dans quel pro­jet êtes-vous impli­qué et qui rejoint les com­bats de l’UNESCO ? 

L’association Son d’unité créée en 2003, dans laquelle je m’investis, porte le pro­jet ISOKAN, qui signi­fie « ensemble » en langue yoru­ba. Ifa est le nom de cette spi­ri­tua­li­té, clas­sée en 2008 au Patri­moine imma­té­riel de l’Humanité par l’UNESCO. En 2018, l’idée est de don­ner un coup de pro­jec­teur sur cette culture faite de méde­cine, de chants, de danses, une spi­ri­tua­li­té divi­na­toire basée sur un cor­pus de textes sacrés et de tra­di­tions. Nous ponc­tue­rons notre mani­fes­ta­tion par un fes­ti­val en France, très cer­tai­ne­ment à Rouen. Nous tra­vaillons éga­le­ment sur l’écologie, car les divi­ni­tés atta­chées à Ifa repré­sentent avant tout des élé­ments natu­rels et peuvent sen­si­bi­li­ser le public fran­çais à un enjeu uni­ver­sel.

Notre Métro­pole veut être un Ter­ri­toire pour l’Unesco. Quelles prio­ri­tés défi­ni­riez-vous et quelles ini­tia­tives seraient oppor­tunes pour faire vivre les objec­tifs de l’UNESCO ?

Le patri­moine maté­riel et imma­té­riel de l’UNESCO repré­sente un héri­tage immense à entre­te­nir et léguer à nos enfants. Notre Métro­pole peut s’associer à l’UNESCO pour pro­mou­voir ces richesses grâce aux nou­veaux moyens de com­mu­ni­ca­tion, mais aus­si à tra­vers des démarches plus popu­laires comme des confé­rences, des débats, des fes­ti­vals… L’association Son d’unité a choi­si d’éditer l’année pro­chaine un recueil de chants et danses pour les jeunes publics. Les textes seront en fran­çais et les musiques prin­ci­pa­le­ment ins­pi­rées de Cuba. À noter que la rum­ba cubaine, style musi­cal très popu­laire, a été clas­sée en 2016 au patri­moine imma­té­riel de l’UNESCO éga­le­ment…