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Louis Poirrée

Louis Poirrée anime l’association Le Potagiste. Elle s’est fixé pour objectif de faire des potagers pédagogiques un outil éducatif pour découvrir les liens entre l’Homme et la Terre et les enjeux environnementaux de notre temps.

 

À quelles valeurs de l’Unesco êtes-vous le plus attaché ?

La culture bien entendu ! Son étymologie même nous ramène au centre des préoccupations de l’association Le Potagiste : « cultura », c’est le soin apporté tant à l’esprit qu’à la Terre. Et connaître la Terre, son fonctionnement, son travail, c’est accéder à un patrimoine planétaire incroyable, dénué de frontière, mais de plus en plus fragilisé par l’être humain. Il semble urgent de renouer le lien entre les Hommes et la Terre avec le plus grand nombre, petits et grands. Ce qui amène à la deuxième valeur de l’Unesco que je partage : l’éducation, car le rapport à la Terre est également un outil pédagogique incontournable. Vous citez Léon Blum dans votre présentation de l’Unesco : « Il faut se mettre en harmonie avec les lois profondes de l’Univers »… Ces lois se retrouvent au jardin ou dans tout autre espace naturel, et cela sur l’ensemble de notre planète.

Pouvez-vous nous faire part d’une action dans laquelle vous êtes impliqué, en précisant vers qui cette action est orientée ?

Avec l’association, je crée des potagers pédagogiques dans les écoles afin de partager ma connaissance du vivant, des méthodes de production et du plaisir de jardiner. C’est également l’occasion de sensibiliser les jeunes générations aux enjeux environnementaux auxquels nous allons devoir faire face : disparition des espèces (abeilles par exemple), pollution des sols…

J’interviens également dans certains lotissements en construction afin de partager une vision du jardin naturel auprès des futurs propriétaires de terrain, leur donner quelques clés permettant de minimiser l’impact du jardin sur l’environnement. C’est une action de sensibilisation essentielle à mes yeux que de faire prendre conscience aux gens de l’importance de leur petit ou grand carré de nature sur le reste de l’environnement ou du paysage.

 

Notre Métropole veut être un Territoire pour l’Unesco. Quelles priorités définiriez-vous et quelles initiatives seraient opportunes pour faire vivre les objectifs de l’Unesco ?

Le territoire de la Métropole est très vaste et regroupe un grand nombre de communes, en majorité rurales. Le risque selon moi d’une centralisation de certaines compétences à l’échelle métropolitaine est de perdre un grand nombre d’initiatives citoyennes si des efforts ne sont pas maintenus voir accentués en terme d’écoute auprès des différents mouvements et associations existant sur le territoire. Il ne faudra d’ailleurs plus se limiter à écouter ces initiatives, mais bien à aller vers elles afin qu’elles ne se perdent pas en chemin. La Métropole souhaite par exemple faire de Rouen une Ville respirable d’ici 2020. Des associations sont prêtes à œuvrer dans ce sens, il faut les écouter et leur offrir la possibilité de s’exprimer.