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Coraline Parmentier

Coraline Parmentier, originaire de Rouen, est une pianiste classique qui effectue ses études à la Haute École de Musique de Genève. 

Passionnée par les musiques du monde, elle veut faire découvrir les beautés issues de civilisations éloignées de la nôtre.

Après avoir établi un programme de musique classique d’Amérique latine venue du siècle passé, elle s’est tournée vers la musique arabe, et notamment vers Marcel Khalifé, nommé Artiste de l’UNESCO pour la paix en reconnaissance de son engagement fervent et généreux en faveur du patrimoine musical.

 

À quelles valeurs essentielles de l’Unesco êtes-vous la plus attachée ?

Je crois au fait que la culture et l’éducation nécessitent un entretien régulier, et même journalier. Grâce à ces valeurs primordiales, il est plus facile de s’ouvrir sur le monde qui nous entoure. Le dialogue interculturel est important car il privilégie la compréhension entre les peuples et les diverses régions du monde : leurs formes d’art, leurs langages, leur patrimoine… Cette curiosité saine d’apprendre des autres est considérable. La soif de connaissance l’est tout autant.

Dans quelle action rejoignant les combats de l’UNESCO vous êtes-vous impliquée ? 

En tant que musicien classique, la culture est un besoin quotidien. Chaque nation regorge de trésors : nous connaissons bien Bach, Beethoven, Mozart, et les autres grands de la musique classique, mais je pense que l’avenir culturel réside aussi dans les musiques du monde.

Ainsi, je me suis donnée la mission de jouer des œuvres du monde entier. Je travaille actuellement sur la musique arabe, et notamment sur le musicien libanais Marcel Khalifé, artiste pour la Paix à l’UNESCO.

À travers les transcriptions que je fais de lui, et de celles d’autres musiciens arabes, j’ai trouvé un climat très touchant qui raconte une histoire particulière. Il y a beaucoup de musiciens arabes qui ont été exilés ou réfugiés politiques à cause du manque de liberté, des guerres ou des conflits reliés à leurs pays d’origine : dans leur musique, on peut voir une volonté de paix, de tolérance et d’acceptation des autres qui pour moi est essentielle. Je joue ces musiques au piano alors qu’elles sont initialement prévues pour le luth oriental ou pour des orchestres avec des instruments typiquement arabes. J’aimerais, à long terme, que ces musiques traversent davantage nos frontières et délivrent un message important autour de la coexistence. C’est dans cet univers que je trouve mon inspiration de tous les jours.

Notre Métropole veut être un Territoire pour l’Unesco. Quelles priorités définiriez-vous et quelles initiatives seraient opportunes pour faire vivre les objectifs de l’UNESCO ?

La Métropole possède une grande richesse au niveau du patrimoine culturel et historique. Je pense que ça peut créer un rapprochement de base entre les différentes communautés qui y sont rattachées ; la diversité de toutes les personnes qui y habitent présente une opportunité d’ouvrir le dialogue social et d’allier ces différences culturelles qui, ensemble, sont la force puissante qu’est le vivre-ensemble.