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Aude Bourgine

Depuis toujours, l’artiste rouennaise est rongée par un profond sentiment de culpabilité et d’impuissance en assistant à la façon dont l’espèce humaine agit sans se soucier de son environnement. À l’origine de sa pratique il s’agissait de trouver comment vivre avec, d’apprendre à écouter cette détresse plutôt que de l’enfouir pour connaître un certain apaisement. Cela a donné naissance à une première série d’œuvres Poumons des océans destinée à réveiller le sentiment d’émerveillement pour la nature qui nous entoure et le désir de la protéger.

Les coraux sont essentiels au maintien écologique global. Notre écosystème complexe est menacé par nos émissions de CO2, la pêche intensive, mais aussi le déversement des eaux usées, les rejets industriels, les pesticides et engrais agricoles, ou encore les plastiques et autres déchets qui resteront dans les océans pendant des décennies.

Si nous ne changeons pas notre rapport à l’environnement rapidement, les récifs coralliens auront disparu d’ici 2050, engendrant une véritable catastrophe sur les plans écologique, climatique et humanitaire.

À travers un travail minutieux et onirique, Aude Bourgine amène ce sujet au regard du public, portée par l’espoir de le sensibiliser. Il est urgent d’avoir une prise de conscience collective sur notre responsabilité et la nécessité d’agir.
Prix Métropole Créactifs 2017

 

 

À quelles valeurs essentielles de l’UNESCO êtes-vous le plus attachée ?

L’UNESCO nous rappelle que nous sommes tous citoyens du monde, nous devons vivre ensemble, prendre soin les uns des autres. 

Nous avons tous un devoir de citoyenneté au-delà des pays, des nations envers notre mère universelle : la Terre. Lorsque les récifs coralliens disparaissent au large de l’Australie, nous devons prendre conscience que cela nous concerne tous et que nous devons agir ensemble. Pour cela, il faut tisser des liens entre nos cultures, nous comprendre et aborder ces enjeux majeurs. 

L’art, fort de sa liberté d’expression, permet d’aborder tous les sujets et de transmettre des données scientifiques essentielles de manière accessible et sensible. C’est un élément essentiel de réflexion et de transmission.

 

Pouvez-vous nous faire part d’une action dans laquelle vous vous êtes impliquée et qui rejoint les combats de l’UNESCO ?

Je suis actuellement en train de monter une exposition artistique pluridisciplinaire, dans laquelle le public est immergé de manière inédite dans un environnement sensitif favorable à l’éveil des consciences et qui contribue à rendre plus émotionnel cet enjeu essentiel qu’est le développement durable.

Selon une étude scientifique publiée en 2006 dans la revue américaine Science, si nous continuons à ce rythme à vider et polluer les océans, la quasi-totalité des espèces de poissons auront disparu en 2048, engendrant un désastreux dérèglement de l’ensemble des écosystèmes. 

Cette exposition 2048 Dead Oceans vise à informer les citoyens de cette catastrophe à la fois écologique et humanitaire qui se profile et invite à changer les choses à notre échelle, au quotidien.

 

Notre Métropole aspire à être un Territoire pour l’Unesco. Quelles priorités définiriez-vous pour faire vivre les objectifs de l’UNESCO ?

Nous rencontrer plus souvent autour d’évènements fédérateurs pour être unis. Mais aussi mettre en lumière les différentes initiatives sur le territoire pour donner envie à chacun de s’investir à sa manière, pour permettre une prise de conscience globale et enfin transformer notre impact sur le monde.

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